C’est quoi, se rencontrer soi-même ?

« L’ignorance de soi est la racine de tous les maux », Parole de L’Ange, J.P Godeaut.

Avez-vous parfois l’impression de tourner en rond dans votre cheminement personnel ? 

De voir resurgir un problème que vous pensiez avoir résolu ? 

De ne plus vraiment savoir où vous en êtes et peut-être qui vous êtes ? 

Le temps est peut-être venu de vous écouter sans tabou, de vous cerner en pleine conscience dans vos qualités et forces, dans vos défauts et faiblesses, de vous observer sans jugement, de vous aimer sans « oui mais… ». Tout simplement, de vous chercher au bon endroit pour enfin vous trouver. Osez cette rencontre avec vous-même !

Pourquoi aller à la rencontre de soi ?

Se rencontrer pour apprendre pas à pas à s’accepter et à s’aimer tel que l’on est. Qui n’a pas fait l’expérience de se limiter, d’être dur avec soi, voire de se faire du mal et finalement de tisser sa propre toile ? S’aimer est une qualité qui nous fait souvent défaut. Mais sans ça, comment aimer l’autre, les autres ? Pourtant, nous allons plus souvent et facilement à la rencontre de l’autre que de soi. Nous avons tendance à nous fuir, à ne pas nous regarder mais à projeter sur les autres ce qui est en nous. Or, se regarder, s’écouter, c’est s’autoriser à entendre ce qu’il y a en nous, de l’intérieur. C’est se brancher à soi, ressentir ce qui est là, sans faire barrage et sans jugement. 

Est-ce simple de se brancher à soi ? 

Evidemment non ! Parce que la vie file. Enfants, mari, travail prennent de la place, souvent trop. Le quotidien familial et professionnel agit comme un rouleau compresseur du soi. Par amour, par compassion, par sens du devoir ou du travail bien fait, par volonté de plaire (ou peur de déplaire), nous nous préoccupons plus de l’autre que de soi. C’est un phénomène très courant qui vient de notre éducation, de notre société de la performance et de nos schémas de pensées. Résultat : on s’oublie sans crier gare… à soi. Alors criez, foncez et ça commence par s’accorder chaque jour un à deux moments de pur plaisir égoïste tel un café au soleil en terrasse, un massage ou encore une petite promenade sans but, au grès de l’intuition. Bref, donnez-vous du plaisir sous toutes ses formes !!

Aussi, se brancher à soi implique de penser différemment : avec son corps, sa peau, ses sens et non plus avec son mental comme nous sommes conditionnés à le faire. Depuis petit, nous avons appris à écouter l’extérieur, à nous référer à une/des figures d’autorité. Or Ignorer nos maux de tous les jours, nos messages intérieurs, nos aspirations revient à nier la part intuitive de nous-même, notre soi. Mais aller à la rencontre de soi peut faire peur.

Avoir peur de soi, c’est normal !

Peur de réaliser que vous n’êtes pas la personne que vous pensez être ou que les autres vous renvoient. 

Peur d’aller voir ce qui est enfoui en vous… de faire exploser la cocotte au grand jour, et avec elle l’histoire que vous vous êtes raconté (quelle qu’en soit la raison) et l’équilibre que vous vous êtes construit (quel qu’en soit le but).

Peur de découvrir que vous n’êtes pas parfait, de surcroît dans une société où l’on est sans cesse comparé à plus riche, plus beau, plus intelligent que soi. Devant cette compétition féroce, nous avons tous le même réflexe : nous juger sévèrement avant que les autres ne le fassent. Mais l’autocritique n’est pas la solution. En revanche, l’autocompassion : oui. Enveloppez-vous des mêmes égards que ceux que vous témoignez à vos proches. 

Accueillez-vous avec bienveillance, autorisez votre GPS interne à vous géo-localiser dans le « où j’en suis ? » et à vous guider avec douceur, sans jugement, vers le « qui je suis ? ». Thérapeutes, coachs et exercices de méditation sont là pour vous aider sur ce chemin ô combien riche de la réconciliation avec votre meilleur ennemi : vous-même. 

À lire : Le burn out : et si on en parlait ?

Sur le chemin vers Soi : comment se rencontrer en bienveillance ? 

« Rentre en toi-même profondément et apprends d’abord à te connaître », Freud.

Nous avons tous tendance, par mimétisme comportemental, diktat familial, professionnel, ou tout simplement « pour faire plaisir », à absorber les besoins des autres et à le faire si bien que nous arrivons souvent à nous persuader qu’ils sont nôtres.  

La méditation permet alors de se connecter à soi en profondeur : de s’écouter soi et non plus autrui. Prenez régulièrement le temps de vous interroger : « Qu’est-ce que je ressens dans mon corps dans cette situation ou en faisant ça ? Quelles sont mes sensations et émotions (plaisir, malaise…)  et mes pensées associées » ? 

Apprenez à questionner vos besoins et envies profondes afin de leur permettre de remonter à la surface. Autorisez-les à jaillir, n’en déplaise aux autres !

En ce sens, voici un exercice de méditation en situation de ressenti désagréable, un outil précieux et accessible à tous, partout. 

1. Respirez. Concentrez-vous sur l’air qui passe dans vos narines, puis imaginez que cet air emplit votre ventre.

2. Accueillez vos émotions. Ressentez-les physiquement. Une contrariété, une tristesse est là ? Comment se manifeste-t-elle physiquement ? Ressentez. Ne l’alimentez pas avec des pensées. Sentez comme elle devient douce et presque agréable à sentir.

3. Laissez passer les pensées. Regardez-les comme s’il s’agissait de voitures qui passent au loin. Restez centré sur vos sensations physiques. Si votre mental insiste et devient envahissant, parlez-lui : « Je sais que tu es là, que tu cherches à me protéger de la souffrance, et je te remercie. Pour l’instant, peux-tu rester de côté, le temps que je m’accueille pleinement ? »

4. Laissez monter la suite de la phrase : « En cet instant, ce dont j’ai le plus besoin, c’est de… » Laissez venir le mot, le besoin qui se manifeste.

5. Ensuite, posez la main sur votre ventre en visualisant que vous diffusez les bienfaits de ce mot, de ce besoin, à l’intérieur de vous. 

6. Quand vous vous sentez apaisé, laissez venir à vous l’action juste : « Maintenant, je vais… »

7. Reliez-vous à votre corps, et vérifiez : comment je me sens avec cette action ? Si vous sentez une tension ou une sensation désagréable, c’est que votre mental a repris les commandes et qu’il tente de vous diriger avec exigence. Dans ce cas, reprenez l’exercice.

Si vous sentez de la légèreté, de la fluidité dans votre corps, c’est que vous avez trouvé l’action juste. Vous êtes alors prêt à vous remettre en action, à partir d’un endroit juste et centré de vous-même.

Cet exercice est un puissant travail intérieur qui active beaucoup de zones dans notre cerveau et permet de développer de nouvelles connexions neuronales. Et plus vous le ferez, moins il vous faudra de temps pour vous relier à vous-même. Cela deviendra même un automatisme. Aussi, associer ce travail de méditation à d’autres exercices de thérapies cognitives et comportementales facilitera la modification durable, en profondeur, de vos fonctionnements et schémas de pensées. 

Et oui… se rencontrer est un long apprentissage qui demande du temps, de la discipline et de l’énergie mais l’effort en vaut la peine !

Et si vous vous lanciez cet été ?! Rien de tel que les « grandes » vacances pour amorcer l’apprentissage en douceur. La période estivale est idéale pour se connecter à soi, pour commencer à s’aimer pour de vrai, plus et mieux. 

BIBLIO

S’aimer : Comment se réconcilier avec soi-même, Kristin Neff, éditions Belfond

Votre meilleur ami c’est vous, de la psychiatre Céline Tran et de la psychothérapeute Claire Mizzi, éditions L’Iconoclaste

S’aimer enfin ! – Un chemin initiatique pour retrouver l’essentiel, Christophe Fauré, Le Livre de Poche

Petit traité de vie intérieure, Frédéric Lenoir 

L’art de la méditation, Matthieu Ricard

Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une, Raphaëlle Giordano

“Before we can be with others, first learn to be alone” : article de blog par Jennifer Stitt (Onbeing.org)