Le burn out : et si on en parlait ?

Souvent tabou dans de nombreux secteurs professionnels, le burn out c’est simple, c’est de la science fiction. Stress, perte de mémoire, grosse fatigue… pas d’inquiétude, c’est passager ! Tu as vu dans quel état il est Jules en arrivant au bureau ? Il est survolté avant même de prendre son café !  Il dit qu’il est complètement débordé. Je crois qu’il exagère un peu surtout quand il me demande 3 fois par jour la date de la prochaine réunion de service ! Dans tous les cas, ça va bien finir par lui passer… et puis, il ne faudrait pas le plaindre quand même, il a un super job depuis le lancement du nouveau projet ! 

Oui mais hier matin, Jules était absent à la machine à café. Le bruit court qu’il a explosé en vol ! C’est pas possible, ça fait 5 ans qu’on bosse ensemble, il m’en aurait parlé… même si ces derniers mois, on se voyait moins.

Il y a peut être quelque chose qui ne tourne pas rond ? Ses palpitations la semaine dernière…  il n’est pourtant pas tombé amoureux, ça aurait fait le tour de la boîte en dix secondes ! 

Alors, il est où le burn out ?

Eh bien, il ne pointe pas son nez d’un seul coup. C’est pour ça que je ne l’ai pas vu arriver chez Jules car il s’installe pas à pas, avec une certaine discrétion voire un peu de sournoiserie. J’en ai finalement parlé à Sophie, notre ancienne collègue qui s’est installée comme coach à son compte. Les symptômes qu’elle m’a décrit, c’était Jules tout craché ces dernières semaines. Sophie est positive et voit toujours le bon côté des choses. Ce qui me rassure, c’est qu’avec un peu d’attention, il est possible de le détecter. Un bon moyen de développer mon empathie !

C’est d’abord le corps qui parle : cogitation, épuisement, perte de sommeil, migraine, palpitations. Il vient nous dire « eh oh, il y a quelqu’un là dedans ? ». Pris à temps, tout ça est positif, Sophie en est convaincue. Détecter ce qui s’exprime en nous est une première étape pour se sentir mieux. Notre corps est un pilier qui sait ce qui est bon. Il tire la sonnette d’alarme en nous demandant un peu de soin. 

Les émotions s’expriment

Et puis ce sont les émotions qui s’expriment à l’extrême : irritation, agacement, plus envie d’être avec les collègues, on se sent nul. C’est vrai que Jules n’était pas très causant ces derniers temps. Et Sylvie, au secours ! On ne peut plus rien lui dire, j’ai les tympans quasi percés à chaque fois qu’elle claque la porte de son bureau ! Il faudrait que j’arrive à lui parler de tout ça.

Donc, comme dit Sophie, comprendre ses émotions, c’est super important. Ah elle est mignonne, facile à dire ! J’avoue, moi aussi j’ai bien envie d’arracher la cravate de Jean Luc et de faire disparaître son discours sur les objectifs dès le lundi matin, mais je ne vais quand même pas m’épancher sur l’épaule de ma super binôme Sandra, elle en a assez comme ça de son côté la pauvre ! Ça m’interpelle tout de même le discours de Sophie sur ces états : les accueillir, les observer, les ressentir pour mieux les accepter, les laisser passer et se sentir plus léger. Oui mais on fait comment dans cet open space pour penser à tout ça ?

Apprendre à s’écouter

Sans ordonnance et sans Sandra pour en parler, les pratiques corporelles sont un bon moyen de franchir un premier pas en douceur vers l’écoute de son corps. Le yoga permet de se donner du temps, de ralentir, de s’offrir un moment de relaxation, de souffler, en expérimentant des mouvements ou de simples exercices de respirations. Sentir chaque partie de son corps et lui accorder un peu de détente nous amène à comprendre ce que l’on vit à l’intérieur de soi, à apaiser les tensions, dénouer les nœuds. 

Les lignées de yoga sont nombreuses, vous aurez l’embarras du choix : Hatha, Ashtanga, Nidra… à vous d’explorer ce qui vous va le mieux. Energisant si vous êtes amorphe comme Jules ou relaxant si vous pétez les plombs comme Sylvie, goûtez à ce que votre corps vous réclame.  Il y a une bonne prof d’Ashtanga dans le quartier à côté du bureau, je pourrais y aller et inviter Sylvie à une séance d’essai, ça éviterait peut-être qu’elle décrépisse le mur à chaque fois qu’elle sort du bureau en claquant la porte !

Sans ordonnance et sans Sandra pour en parler, les pratiques corporelles sont un bon moyen de franchir un premier pas en douceur vers l’écoute de son corps. Par le biais de postures, de techniques de respiration, le yoga permet de se donner du temps, de ralentir, de s’offrir un moment de relaxation. Sentir chaque partie de son corps et lui accorder un peu de détente nous amène à comprendre ce que l’on vit à l’intérieur de soi, à apaiser les tensions, dénouer les nœuds. 

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Le yoga contre le burn out

Les lignées de yoga sont nombreuses, vous aurez l’embarras du choix : Hatha, Ashtanga, Nidra… Ah oui, mais je fais comment moi pour choisir dans tout ça ? Le Hatha yoga est le plus répandu et se concentre sur les postures et le souffle, les cours se terminent généralement par une relaxation. Accessible à tous, c’est une lignée intéressante pour débuter en allant à votre rythme, sans forcer. En enchaînant des séries de postures avec dynamisme, l’Ashtanga yoga est, lui, plus physique. Si vous êtes amorphe comme Jules, cette lignée peut vous convenir mais vous allez transpirez, ici le rythme est plus soutenu ! Plus tranquille, le Nidra yoga est souvent appelé le yoga du sommeil. Il est basé sur des techniques de relaxation, des postures où l’on est allongé, de la visualisation qui permettent de se détendre profondément. A vous d’explorer ce qui vous va le mieux en écoutant vos besoins physiques et émotionnels. Goûtez à ce que votre corps et votre mental vous réclament.  Il y a une bonne prof d’Ashtanga dans le quartier à côté du bureau, je pourrais y aller et inviter Sylvie à une séance d’essai, ça éviterait peut-être qu’elle décrépisse le mur à chaque fois qu’elle sort du bureau en claquant la porte !

Un peu comme le Nidra yoga, la sophrologie est un autre moyen pour apprendre à se décontracter en douceur et naturellement. La quoi ? J’en ai jamais entendu parlé ! D’où ça sort ça ? Un peu pompeux ce terme quand même, non ? Sophrologie vient du grec sos : harmonieux ; phren : l’esprit ; logos : science. 

Sophrologie et burn out

Laetitia Bredon, sophrologue, apporte un éclairage sur cette pratique et les bienfaits de ses séances : 

Le burn out est de plus en plus fréquent dans notre société. Il est connu dans le domaine professionnel mais il existe également dans la sphère personnelle, familiale. C’est un phénomène d’accumulation de stress, le stress chronique, c’est-à-dire un état où la personne est en stress permanent. Cela conduit à l’épuisement physique, psychique et émotionnel. La sophrologie est un accompagnement pour se reconnecter à son corps, son ressenti, ses émotions. Elle apporte des techniques pour reconnaître les manifestations du stress et apprendre à mieux le gérer. Apporter de la détente corporelle et mentale pour remettre le corps à l’équilibre et retrouver son énergie. 

Avec un protocole adapté, la personne va pouvoir reprendre confiance en elle et, petit à petit, envisager positivement l’avenir, et redevenir acteur de sa vie et de son mieux être. Elle va permettre de sortir de l’isolement et de ses propres jugements négatifs, culpabilité. La sophrologie est une aide précieuse. Elle s’inscrit dans une démarche médicale, psychologique. Elle ne saurait être à elle seule une discipline qui pourrait régler le problème complètement. La sophrologie est aussi intéressante en prévention du burn out, lorsque l’on sent que le corps s’épuise que l’on a un trop gros stress. Avant d’arriver à l’épuisement total, il peut être intéressant de faire des séances de sophrologie.

Mieux vaut prévenir que guérir, c’est sûr. Finalement quelque part tous ces signaux ont du bon. Ils viennent nous sortir la tête du guidon pour comprendre que d’autres chemins vers plus d’équilibre sont possibles. Entre burn out et bore out – c’est quoi ça encore ! (on en parlera la prochaine fois) –  trouvons le juste milieu et apprenons à garder la forme.

Nathalie Pinto