A la Mort, à la Vie… Comment la pandémie peut nous réapprendre à vivre !

A 20h pétantes, depuis deux mois, le même rituel chez nous tous, depuis nos balcons : acclamer nos soignants. Dans ce contexte anxiogène où la mort est partout, la vie déborde… malgré tout. « Vivre et mourir vont ensemble du même pas », André Comte-Sponville.

Depuis le 17 mars, premier jour du confinement, la question quotidienne n’est plus quel temps va-t-il faire, combien de kilomètres de running ou combien de pizzas pour ce soir ? Mais combien de morts aujourd’hui ? 

Chaque soir le couperet tombe :  + 89 morts le 18mars, + 499 le 31 mars (soit un décès toutes les 3 minutes) et le 20 avril, la barre des 20 000 décès est franchie sur notre territoire.  

Chaque jour, une litanie funèbre de chiffres et en toile de fond, une machine médiatique emballée servant de chambre d’écho. Un écho qui résonne de plus en plus en fort et réveille en nous la peur de la mort. Mais, dans le fond, notre peur de la mort n’exprimerait-elle pas notre peur de vivre ? 

Un Grand Mal pour un Beau Bien ? La Mort vient ré-interroger la Vie !

Avec la propagation de ce covid 19 qui décime sans foi ni loi…  la Mort vient frapper à notre porte sans préavis de passage. Elle vient nous dire : Et si tout s’arrêtait demain ? Pour ton conjoint asthmatique, ta maman diabétique, ton grand père en Ehpad, ta fille bien portante mais à l’abri de rien…mais aussi tout simplement pour toi ! Et si ?! 

La peur de la mort s’impose violemment à nous alors que depuis des décennies nos sociétés occidentales ont tout fait pour l’évacuer de notre culture. Occultée individuellement et collectivement, elle en devient même taboue comme le prouve l’éternel débat sur l’euthanasie. Pourtant, qu’on le veuille ou non, la mort est omniprésente à travers le monde avec chaque jour plus de 2 000 décès du sida, 1 110 du paludisme, 26 300 du cancer etc.  

Soudainement, avec le covid 19, il n’est plus possible d’ignorer la mort : elle nous revient à la face. Mais peut-être a-t-elle un message à nous transmettre…

En prenant conscience de la Mort, c’est la pleine conscience de la Vie qui surgit.

Plus que jamais la vie ne tient qu’à un fil. A cause ou grâce à cette pandémie, chacun n’a d’autre choix que d’ouvrir les yeux : « la vie c’est maintenant, pas demain ! » 

« Vivre le présent : on y voit une espèce d’injonction, de mot d’ordre, de slogan… A tort. Ce n’est pas qu’il faille vivre au présent. C’est que nul n’a jamais vécu autre chose. Vivre au présent, ce n’est pas un idéal, qu’il faut atteindre. C’est la vérité de vivre. » (C’est chose tendre que la vie : Entretiens avec François L’Yvonnet, de André Comte-Sponville, Albin Michel)

Aujourd’hui, la mort côtoyée de près nous fait réaliser l’importance de l’instant présent, sa vérité. L’adversité vient réveiller, ici et maintenant, nos 5 sens endormis. Alors que la course au temps s’arrête, chacun confiné chez soi, la temporalité sensorielle se décuple. Enfin, nous réécoutons notre corps et ses besoins primaires. Nos instincts premiers se (ré)animent à travers l’odeur des arbres que nous ne percevions plus, la chaleur d’un rayon de soleil que l’on ressent de nouveau fenêtre ouverte, le plaisir (intense car plus rare) d’un fou rire en apéro-visio, l’envolée des papilles au contact d’un bon petit plat mijoté, l’écoute d’un vinyle refoulé ou tout simplement des oiseaux que l’on n’entendait plus. Se nourrir, au sens propre comme figuré, devient une priorité vitale, notre priorité conscientisée. Nos sens en alerte, la vie en nous reprend le dessus sur la mort autour de nous. 

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Comment repenser cette vie ?  Sa vie ?  Nos vies ?

Il y a tout d’abord, le vivre mieux avec soi

En s’accordant du « vrai » temps (un bain relaxant après le travail quitte à faire manger les enfants 20 minutes plus tard) et en réalisant ses rêves souvent bien plus à portée de main qu’on ne le pense (un voyage repoussé sans cesse, une passion laissée en friche…parce qu’on n’a pas le temps !). La fausse excuse devient alors criante de vérité : le temps en soi n’existe pas, c’est une notion abstraite, la seule chose concrète est ce que l’on en fait…de ce temps.  

Puis, le vivre mieux avec les nôtres 

En donnant du qualitatif à nos proches et non du quantitatif, aussi plus de preuves (discrètes mais réelles) d’amour et moins de déclarations.  

Ensuite, le vivre mieux avec les autres

En prenant vraiment conscience de tous ces autres qui nous entourent, en ouvrant les yeux sur ce monde « vivant » autour du nôtre. Aller vers ce monde et lui tendre la main en dépit du virus. Oser la solidarité et le commun tels les jeunes de banlieue venant en aide à leurs voisins âgés, tels les restaurateurs livrant des plateaux repas à nos soignants.

Cette crise que nous traversons permet le dépassement de soi, pour les autres, comme Boris Cyrulnik, neuropsychiatre spécialiste de la résilience, en fait si bien l’écho dans ses récentes interventions portant sur l’importance de coopérer pour vivre mieux. (Cf  émission RFI, Priorité santé, 15 avril 2020 – Aussi, La nuit, j’écrirai des soleils, éditions Odile Jacob)

Enfin, le vivre mieux… et plus loin : faire, (se) risquer ! 

Quand on accède au vivre mieux, pleinement, en reliance avec soi et avec réelle prise de conscience de la valeur de la vie, de sa vie, alors une autre petite porte s’ouvre, celle qui nous mène vers toutes les envies et aspirations enfouies en nous par peur… de l’échec, de (se) décevoir, de souffrir ou faire souffrir. Ces peurs sont, en réalité, davantage des croyances, des histoires que l’on se raconte pour ne pas se confronter à soi. Et pour parvenir à les dépasser, il faut les identifier et interroger ce que chacune vient nous dire. Prendre le temps de comprendre nos croyances pour sortir de notre enfermement et aller vers notre épanouissement, vers cette autre petite porte… d’où jaillit la lumière du champ des possibles ! En route pour l’exploration de nos talents cachés (manuels, créatifs, poétiques, culinaires etc..) et l’expression de nos envies et besoins jusque-là réfrénés (de méditation, d’aquarelle, d’écriture, d’achat immobilier, et pourquoi pas de tour du monde ou même de changement de vie – reconversion professionnelle voire séparation conjugale ou au contraire, engagement). 

Sur ce chemin de mise en lumière, plusieurs pratiques de développement personnel, selon la sensibilité de chacun, peuvent accompagner : le yoga, la sophrologie, l’hypnose, ou encore l’approche énergétique avec le shiatsu, le reiki ou l’étiothérapie qui contribuent au nettoyage cellulaire des mémoires. 

(Réf Livre : Eloge du risque, Anne Dufourmantelle, Editions Payot et Rivages)

L’aventure personnelle en marche, s’amorce alors une vie sans filet où le risque détrône peu à peu la sécurité, où la valeur vitale prend le pas sur la valeur refuge, où les peurs deviennent des moteurs. Cette quête, de sensations et de sens à donner à sa vie, s’impose d’elle-même. Mais ce procès n’est ni soudain, ni vraiment conscientisé. Les petites briques s’agrègent pas à pas. On fait un peu, puis on ose de plus en plus… jusqu’au jour où le changement s’opère, où l’on saute, sans penser à ouvrir son parachute de sécurité… et même pas mal. 

Pour y parvenir, sans douleur à l’atterrissage, cela demandera auparavant un travail sur le deuil, nos deuils, un travail de renoncement pour avancer en toute quiétude vers le(s) « vivre mieux ».

La mort nous apprendrait donc de la vie et vice-versa. Nos applaudissements à 20h sont autant de mercis vers nos soignants que vers notre propre capacité à nous sourcer et ressourcer, à acclamer la vie, la célébrer malgré l’adversité.

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