Le Tai-Chi : Une ode à la lenteur made in China

Peut-être les avez-vous déjà observés en train de réaliser d’amples et lents mouvements dans un parc ? Tout en légèreté, les adeptes du tai-chi ou tai-chi-chuan semblent ne former qu’un tant leur symbiose peut être impressionnante et leurs gestes identiques et précis. En Occident, cette discipline est connue comme étant une gymnastique douce, particulièrement adaptée aux seniors. Mais dans son pays d’origine, la Chine, c’est un véritable art de vivre. Que ce soit pour calmer le stress, gagner en souplesse ou soulager des douleurs, le tai-chi est redoutablement efficace. D’où vient-il ? Comment se déroule une séance ? Vous saurez tout sur la « boxe de l’ombre » dans cet article.

D’où vient le tai-chi ?

On le retrouve sous différentes appellations allant de tai-chi à taïchi, en passant par taiji. Mais qu’importe son orthographe, tai chi signifie « boxe de l’ombre » et nous arrive tout droit de l’Extrême-Orient.

Un art martial ancestral

Encore aujourd’hui, les origines du tai-chi restent floues. Certains pensent que son fondateur n’est autre que Chan San Feng, un moine ermite du 14e siècle, qui l’aurait inventé après avoir observé le combat entre un serpent et un oiseau. D’autres évoquent plus rationnellement un médecin chinois nommé Hua-To qui aurait imaginé un art martial imitant cinq animaux : le tigre, le cerf, l’ours, le singe et la grue. 

Ce que l’on sait en revanche, c’est que tai-chi signifie littéralement « boxe de l’ombre » et qu’il privilégie la souplesse, l’enracinement au sol et le relâchement à la force physique. Néanmoins, il reste utilisé, non pas pour sa dimension martiale, mais pour sa dimension spirituelle qui fait de lui une véritable méditation en mouvement.

Cinq styles différents

Au cours des siècles passés, le tai-chi a évolué et plusieurs courants ont vu le jour :

  • Le traditionnel tai-chi chen, alternant mouvements lents et mouvements rapides ;
  • Le tai-chi sun, exclusivement dédié à l’agilité et la vivacité ;
  • Le tai-chi wu chien et ses longues postures ;
  • Le tai-chi wu yu avec ses petits mouvements ;
  • Le tai-chi yang, le plus connu et répandu dans le monde entier avec ses gestes amples et ses postures martiales.

C’est de ce dernier que nous allons parler dans cet article. 

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Mais concrètement, qu’est-ce que le tai-chi ?

Si le tai-chi est considéré comme un art martial, il ne ressemble pourtant en rien au taekwondo, au karaté, à la boxe ou au judo. Avec lui, aucun risque de se blesser. Cette discipline, à base de 108 mouvements et postures, est accessible à tous, quel que soit votre âge ou votre forme physique.

Toutes les séances de tai-chi débutent par un échauffement d’une vingtaine de minutes. Cette première partie a pour objectif de relâcher toutes les tensions physiques et de se mettre doucement en mouvement en laissant l’énergie, le fameux chi, circuler à travers tout le corps. Pour ce faire, vous allez étirer muscles, tendons et bien évidemment méridiens sous l’œil bienveillant de votre instructeur.

Puis, une autre vingtaine de minutes sera consacrée à un exercice de Qi Gong. Cette partie de l’entraînement, volontairement très statique puisqu’il faut maintenir une position pendant plusieurs minutes, permet de rééquilibrer sa posture. C’est aussi le moment idéal pour prendre conscience de son souffle et méditer.  

Enfin, la dernière partie de l’entraînement est celle où les pratiquants se concentrent sur les mouvements amples et précis du tai-chi-chuan. Seul ou en petits groupes, avec ou sans armes, le but est d’obtenir un geste assuré et surtout… d’arriver à suivre l’enchaînement ! Et ce n’est pas aussi simple qu’il y parait.

Pourquoi faire du tai-chi ?

Bien qu’il soit sujet à parodie, le tai-chi a pourtant de très nombreux atouts et apporte une foule de bienfaits, tant physique que mental, à ceux qui le pratiquent régulièrement.

Pour gagner en souplesse et en force musculaire

La lenteur de cette discipline permet de gagner en résistance et en endurance, tout en travaillant la souplesse des articulations et des tendons. Mais ne vous étonnez pas si après votre séance de tai-chi vous avez des courbatures dans les cuisses ! Le renforcement musculaire est bien plus intense que ce que l’on imagine.

Cette activité physique sera particulièrement recommandée pour les personnes qui souhaitent reprendre le sport en douceur, sans risque de chute ou de chocs aux articulations.

Pour avoir un meilleur équilibre

En combinant les postures statiques du qi gong et les mouvements amples, mais exigeants du tai-chi, cette discipline renforce le bas du corps et permet de mieux appréhender la position du corps dans l’espace. 

Au fur et à mesure des entraînements, le pratiquant gagne en équilibre et pourra beaucoup plus facilement éviter les chutes. Parfait pour les personnes âgées, particulièrement à risque.   

Pour calmer stress, anxiété et sautes d’humeur

Mais au-delà du travail physique, le tai-chi est aussi parfait pour canaliser le stress, calmer les bouffées d’angoisse et gérer les sautes d’humeur. Avec lui, vous retrouvez tous les bienfaits de la méditation : le lâcher-prise, la stimulation de la mémoire et de la concentration, la relaxation mentale, la sérénité, etc.

Les débuts peuvent être un brin compliqués : après tout, pas si simple de se concentrer sur sa respiration alors qu’il faut se maintenir dans une position instable ou réaliser un enchaînement particulièrement retors de mouvements ! Mais les résultats arrivent rapidement.

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Et bien plus…

Parce que le tai-chi est une activité physique énergétique, il permettrait aussi de :

  • Soulager l’arthrose ;
  • Calmer les troubles du sommeil ;
  • Booster son système immunitaire ;
  • Réduire les risques de maladies cardiovasculaires ;
  • Contrôler le diabète ;
  • Etc.

Alors, êtes-vous prêt à imiter le cerf, le tigre ou la grue et instiller un peu de sérénité énergétique dans votre quotidien ?